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Encore des prix: Automne 2009
* Les 2ème et 3ème pris des Lettres d'amours de la Médiathèque Florian pour les lettre sde Catherine Le Roy et Véronique Baret.
Destination Bonheur
Pour te dire tout mon amour
Je ne prendrai aucun détour
J’inventerai des poèmes
Qui te crieront combien je t’aime. Chaque jour à tes côtés
Je t’écouterai rire et chanter
Et lorsque nous serons éloignés
Je tÂ’enverrai des avions de papier
Sur lesquels j’aurai décrit
La place que tu as pris dans ma vie. Je jetterai sur toi un vent de plume
Qui te protégera comme une bulle
Pour que le souffle brûlant de mon amour
Te réchauffe toujours avec humour.
Même lors des journées sans soleil
Je trouverai pour toi des arc-en-ciel
Formés par les rayons de tes sourires
Perçant les larmes de notre désir.
Nous voguerons sur l’océan de la volupté
A bord d’un simple radeau agrémenté
Du tissage des fils de notre complicité
Qui nous nourrira d’une inépuisable gaîté.
Nous braverons ainsi les éléments
En osant nos rêves les plus déments
A tes côtés, rien d’inaccessible
Tu me transmets un élan de vie indestructible.
Notre embarquement me semble une évidence
Perpétuons la connivence.
Vers notre île d’amour le départ est immédiat
Un aller simple : nous nÂ’en reviendrons pas !
Catherine Le Roy
Gabriel,
51 ans, 7 mois et 13 jours. L’exactitude de mon calcul devrait te séduire, toi le matheux. Plus d’un demi-siècle de vie commune… On s’est chicanés, on s’est réconciliés, on s’est empoignés, on s’est enlacés, on s’est engueulés, on s’est réjouis, on a ri, on a pleuré, on a dansé, on a boudé.
Avec toi, le quotidien rimait avec fantaisie. Un jour, tu me promis un week-end en amoureux. Je choisis Venise. Tu bougonnas, prétendis l’endroit surfait mais, pour me faire plaisir, réservas deux billets d’avion et un hôtel trois étoiles. Le grand luxe. Le jour du départ, une grève surprise des contrôleurs aériens cloua les jets au sol. Nous passâmes le week-end cloîtrés dans une chambre d’hôtel miteuse de Roissy, faisant monter des sandwiches par le room service. Ce fut merveilleux. Inoubliable.
Nos relations furent souvent houleuses. Tu eus une maîtresse. La liaison fut intense. Interminable aussi. La jalousie me torturait. Ta maîtresse se nommait travail. Tu en étais obsédé, ramenant des dossiers le soir, marmonnant dans ton sommeil des équations incompréhensibles. Lorsque, à cran, je protestais vertement, tu m’opposais tranquillement que, sans nul doute, je préférais que tu consacres ton temps au laboratoire plutôt qu’au bistrot. Ou à une autre femme.
Ces temps passionnés sont révolus. Tu es là -haut, endormi dans notre chambre. La maladie te ronge, infectant quelques cellules saines chaque jour. Elle t’a pris ta vigueur. Et aussi ta liberté. Mais pas encore ton âme. Ni ton autodérision. À ton 77ème anniversaire, tu crias victoire sur les statistiques de mortalité masculine et prétendis battre celles des femmes : 84 ans. Mais ce dernier combat, tu le perdras. Car tu vas mourir, cette semaine ou la suivante. Les proches, enfants, amis, défilent à la maison, affligés. Mais pas moi. Moi, je suis presque sereine.
Nous passons nos journées tranquillement, calmement, toi dans le fauteuil et moi sur le canapé. Souvent sans rien faire. Telle la caricature de deux petits vieux rabougris dans leur maison solitaire ! Mais je continuerais ainsi à l’infini, prenant soin de toi, remontant la couverture sur tes jambes ou t’apportant un verre d’eau. Nous sommes ensemble et cela me suffit. Je vis des moments parfaits. Parmi les plus beaux de ma vie. Parfois, tu tends la main et effleures ma joue ou me fais un compliment sur la couleur de mes yeux. Comme tu le dis si joliment, il serait hypocrite, à nos âges ridés, de vanter mon teint ou l’ovale de mon visage.
Tu prétends que tu m’empoisonnes la vie, que je m’épuise à m’occuper seule de la maison, à gérer tes médicaments et tes fréquents séjours à l’hôpital. Mais j’ai du bonheur, oui, du bonheur, à m’occuper d’une vieille carne comme toi. Voilà que je me mets à parler avec tes mots ! Tu as gardé ta fierté et tiens à prendre ta douche et à aller aux toilettes sans mon aide, malgré l’effort surhumain que cela te coûte. Pourtant, je brûlerais de me dévouer pour toi.
Lorsque tu m’auras quittée, les mauvaises fées Vieillesse et Solitude seront mes gardiennes. Mais je n’aurai aucun regret. Car je ne peux imaginer une vie plus comblée que les 51 ans, 7 mois et 13 jours que j’ai partagés avec le fils de paysans auvergnats que mes parents traitaient tout bas de ploucs. Cette rébellion juvénile est l’acte fondateur de ma vie.
À toi, à nul autre que toi,
Marie
Véronique Baret
* Le prix Diane thème: La Liberté Prix spécial: Association Les 3 Lézards (France) Chacun des poètes en herbe remporte une BD
"Une liberté" Léa (10 ans)
Ma liberté était comme une pierre précieuse Ma liberté m'a fait larguer les amarres Je pense à l'Amérique, à l'esclavage, j'ai un vertige.
"Ma liberté" Anne (10 ans)
J'étais emprisonnée Puis je me suis échapée De cette prison parfumée
Enfin libérée Je sens le goût de la liberté
Enfin je peux rêver Sur les chemins
Mes amis n'ont pas suivi Et ils m'envient
"La liberté de penser" Olivier (11 ans)
La liberté, la liberté La liberté de penser La liberté de penser Comme la rose des vents
Qui voulais rire Dans mon cœur Rempli de joie La joie de penser
Qui se surpasse Dans le vent des vents C'est la liberté de penser Oh oui ! La liberté de penser
Qui s'émerveille Dans la joie, la joie Oh oui la joie de penser C'est cela la liberté !
"Liberté" Émeline (9 ans)
Une liberté qui est un rayon de lune Je te garderai ma rose.
Combien coûte la vie ou la liberté ? Je pense qu'elle coûte un sourire.
Ensemble nous jetons les cendres Je te donne tout mon amour.
Mais ne te cache pas Tu as trahi ton pays Maintenant nous sommes perdus.
"Vouloir mourir" Raphaël (8 ans)
Pourquoi Tu m'as sauvé la vie ? Moi qui... Voulais mourir
Des démons, des squelettes vivants, Statue vivante et créature
Pourtant ce sont mes amis (enfin presque)
J'ai rencontré ce maudit chemin Aller ! je veux la liberté.
"Ma liberté" Ludovic (12 ans)
Ma liberté est comme une aventure Ce n'est pas une prison Je me suis enfui en voiture À la vitesse du son.
Je ne reste pas dans mon pays Je veux aller sur la lune C'est cela ma liberté C'est d'aller où je veux.
La liberté a besoin de vitamines Ce n'est pas une gamine J'ai quitté mon domicile J'ai quitté ma petite ville.
La liberté ne ment jamais Ce n'est pas une simulatrice Ce n'est pas une usurpatrice Elle a gagné ma confiance.
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