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Beauté masquée Réveil matin, Brume dans la salle de bains, Brouillard dans ma tête, Teint brouillon, brouillé, Peau ridée, chiffonnée, Désespoir devant le miroir, Derme en berne. Où est cette peau lisse, Douce, jadis, Qui appelait la tendresse, les caresses ? Cette image, en face à face, m’oppresse, Me froisse, m’agace et m’agresse :
Petites craquelures, sur le contour des lèvres, Ridules ridicules à la lisière des yeux Cernés, mine fatiguée, Mon front se plisse et se fronce, Les rides sillonnent. En lambeaux, mon corps se glace, Face à cette glace, qui me défigure, Et me dévisage, pâle, Je frissonne.
Le passé pesant s’affiche tellement présent, Le temps et les années passent, Hélas, rien ne s’efface. Bien que de mauvais poil… Il me reste un zest de lucidité ! Inutile de se voiler la face, Ou de tourner autour du pot, Ca ne fait pas un pli, Il me faut faire peau neuve : Rafraichir ma trombine ! L’idée tip top, qui va me sauver, je l’ai trouvée, Appliquer sur ma bobine une pâte magique : Un masque de beauté !
Il sera astringent, désincrustant, raffermissant, Mes cellules, mes pores seront resserrées, Mes tissus, mon épiderme, flattés! Je le choisirai tonifiant, nourrissant, exfoliant, Ma couche cornée ? Dilatée, Peau fripée, irritée ou congestionnée, La mienne, à tendance mixte, Sera hydratée, mon teint unifié, Quel délice ! Revivifiant, reminéralisant, reposant, Les effets de ce cosmétique, Seront rapides, esthétiques, Que de vertus bénéfiques : Finesse de mon grain de peau, Eclat instantané, Adieu les imperfections, les impuretés.
Masque antirides, nouvelle texture ou fait maison, Masque film; masque fraicheur, à effet froid, Peeling, masque lifting, Seconde peau, naturel, prêt à l’emploi. Substance au chocolat, à l’œuf, à l’orange, Curieux mélange… A l’huile d’amande, au pollen, A la farine, pour la bonne mine, Onguent à la lavande, au millepertuis, A la guimauve, certains osent ! Pour l’anecdote : Elixir à l’avocat, à la carotte Les résultats sont parait-il spectaculaires !
Quant à moi, j’opte, En deux coups de cuiller… à pot, Pour une recette de grand-mère : Une nuit entière… Pour que ma peau se régénère ! Nettoyage en profondeur, Baume salvateur, précieuses heures, Pour effacer les traces, Qui tourmentent et tracassent, Les empreintes qui m’embarrassent, Les stigmates du temps qui fâchent…
Lendemain, réveil matin, Salle de bains, Brume, brouillard, miroir qui glace, Reflet suspect en face : Drôle de vision : exclamation ! Epidermique, la réaction… Totalement ratée la desquamation ! Parsemés là, sur tout mon visage, Une multitude de petits boutons, A fait son apparition Ce maudit pot pourri, me fait risquer ma peau : Quel ravage !
Décidément, c’est pas d’pot, Contre nature, cette mixture anti âge ! Aussi, je vous avoue ce soir, Qu’il va me falloir, C’est un fait, faire avec : Apprivoiser cette peau, Patinée par la vie, Car visiblement je ne tire, C’est évident, Aucun bénéfice De tous ces artifices !
Marie Mélou 28.05.2011
RSA BLUES
Toute ressemblance avec une situation ayant existé est intentionnelle et volontaire Mon truc à moi - ma sinécure - c’est les histoires de cu-ir! Moi l’humaine, j’aime l’humer, tout autant que l’effleurer, Et pour une caresse donnée sur une belle peau tannée…je me damnerais! Mais ce plaisir badin m’a causé bien du chagrin! C’est pourquoi au crépuscule, je vous susurre ma dure mésaventure… Me voici partie, battre le pavé dans Rambouillet, Avant l’hiver, dégoter rue de Gaulle, une paire de grolles. Au 117, belle enseigne : c’est « Elégance », La boutique m’amuse et m’inspire, Là, y a une paire de bottes, mon pote, Le modèle: tip top, elles me bottent! Je stoppe, le ticket chic :…52€…!…90, les filles. Laisse béton… le choc! Il faut multiplier par dix! 529 tout rond... C’est ridicule, j’avais mal localisé la virgule! Je perds pied : c’est pas du bluff, mon truc de meuf! Bien plus que tout un mois de rsa… Martin Hirsch et son Haut Commissariat, Seraient vite mis au pas! Bonjour, le porte biffetons rambolitain: Ratatiné comme peau de chagrin. Ah! Pour résider dans la cité providentielle, C’est sûr faut d’l’oseille! R. S. A. : Rambouillet! Si t’as des ronds d’coté Amène toi là! J’voudrais pas faire ma cabotine, mais ces bottines: Même si j’en prends qu’une, j’ai pas assez de fortune. Et je n’vais pas me couvrir de dettes, pour quelques emplettes. Et… si j’attendais l’époque des soldes? Les filles, pas question : Ce sera l’été! J’serai même plus à la mode, Et pour le coup, j’vais m’retrouver marron. Je ronchonne et je râle, j’envisage pour tout dire le centre commercial… Mais non, je ne cèderai pas d’une semelle! Trop peu original, on aura toutes les même godasses… Ca m’rend amère et ça m’agace. J’peux pas flamber… alors, je flâne mes pieds posés sur le macadam. Ce s’rait indécent d’faire séant un coup de sang, Alors, même si j’ai pas d’veine, j’parcours l’artère… Je dédaigne le marchands de lunettes, Je snobe les succursales bancaires, j’évite les agences immobilières. J’en ai assez, point de lacets, j’arpente tout schuss, c’est direct: Au bout, j’vois bien l’Hotel Mercure Mais juste avant, au number 17: Clignotent les mots « Délicatesse chaussures » Le chausseur sachant chausser, c’est sûr! Mais pour y faire peau neuve: A l’aise : aille aille aille, là aussi faut du pèze! Voici ce que j’aurai vu : 325€, sur le ticket de caisse : C’est plutôt la peau des fesses! « …Vous savez, Madame : c’est d’ la marque! » D’accord, mais quand même … ça sent l’arnaque… Faudrait presque prendre un crédit, Avec plan de financement et tutti quanti, Pour une paire de savates! Le moral dans les chaussettes, j’ traine la patte, Si au moins j’avais un p’tit bas de laine… En fait, c’est pas la saison, mais pour des espadrilles, j’ai du pognon! J’aurai peut être l’air bête, mais pour des sandalettes, j’ai des pépettes! Ou alors : il me reste les bottes en caoutchouc: C’est branché, il parait que je serai dans le coup, Mais même si j’ai assez de sous…, j’ le sens pas du tout! J’sais pas si vous avez remarqué, mais au débotté, La municipalité a embauché un manager de ville, Qui a mis tout de suite le pied à l’étrier, Valoriser, fédérer, mobiliser : maître- mots pour un plan stratégique! Moi j’rêve d’un coach, un vrai : une pointure, Qui s’rait à la botte de personne et prendrait un pied grandissime A faire valser les étiquettes, dans toutes ces vitrines! Finalement cette rue centrale se transforme en chausse-trape! J’en ai plein les bottes, pas la forme, J’tourne les talons et j’ botte en touche. Ici, même les ronds de cuir peuvent pas consommer. Je ravale quelques larmes de crocodile, Y pas dlézard, c’est rapé, Pour moi, la boucle est bouclée : dans ma cité, Impossible de trouver chaussure à mon pied. Alors, c’est dans mes petits souliers, Pour me remettre de mon coup de pompe, Que je regagne mes pénates. Là, près de la cheminée, y a une paire qui fera l’affaire, Fidèles, résistantes et robustes : Ces croquenots n’ont pas les deux pieds dans le même sabot! Lassée de tant de mésaventures, devant les devantures, Je pars vers mes aventures... Dans la forêt de Rambouillet, bel écrin de verdure, Je m'en vais cheminer avec ma vieille paire de chaussures ! Ici, en tout cas, on peut vraiment y faire ses courses... Et c'est accessible à toutes les bourses ! Marie Mélou Décembre 2009
Histoire de trottoir Un soir sur internet je souque wwwFacebook Sur ce site hétéroclite Des vieux des jeunes des oufs Pignoufs que rien n’étouffe Yoyotent de la touffe Ils s’invitent s’excitent Vident leurs sacs Ça claque dans le cloaque Ils critiquent critiquent La ville qu’ils habitent Et moi qui habite La ville qu’ils critiquent Je tique et revendique Droit à la polémique Moi ma ville je la kiffe Si on la griffe j’me rebiffe Tiens y a un escogriffe Agressif Qui souhaite C’est net un trottoir à vieux Mais aieux l’audacieux Mdr mon frère Tu débloques Quoi je t’te choque Tu supportes pas que la vioque De ta note se moque Don quichotte qui crachote Remonte ton froque mon pote Ton baggy à la mode Incommode Dévoiler impudique Au public Ton as de pique Quel chic Un trottoir à vieux Si tu veux Mais en échange cher ange J’veux un trottoir à jeunes Ça te dérange Tu trouves ça pas fun ? Mais quand Bascan Libère ses élèves La rue s’enfièvre quel boucan Si t’es sur le trottoir Va te faire voir Passé la soixantaine Rengaine ta rengaine Trois mille jeunes C’est quatre mille baskets Et pour l’anecdote Deux mille bottes qui trottent Marée humaine Qui pompe mon oxygène Sans gêne Rue Leclerc c’est clair Je gêne En rang par cinq dans ce face à face Où tu t’effaces Ou tu trinques Faut qu’ça passe Un trottoir à moujinques Moi j’te le dis Ca m’requinque J’fais une bafouille au maire Afin qu’il considère L’affaire Et j’mets le souk Sur Facebook Où toc je rétorque Internet c’est chouette. Lyliane 5 février 2010
Le Lundi 04 Janvier 20102 commentaire(s)
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