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    L’homme qui ne voulait plus dire merci

    Les mamies ne lui disent pas merci

    Je ne veux plus dire merci

    Je me souviens des jours heureux. Je remerciais sans me poser de question. J’avais appris. J’étais une sorte de singe savant. C’était facile. J’avais intégré un cadre. J’en usais et abusait.. Je multipliais les messages installant mes interlocuteurs sur un piédestal et je pouvais malgré moi plus facilement leur tourner le dos. C’était parfois plus que gênant Et ils pouvaient se dire que j’en faisais trop. A la spontaneïté évaporée pour un prix exorbitant, je sentais que j’installais une distance en multipliant les congratulations. Je sentais mon isolement grandissant et je n’assumais pas cette solitude. Je voulais être avec mon interlocuteur, pourtant je l’éloignais. Sans pour autant trop m’en rendre compte. J’étais dans une pièce confortable où tout pouvait se résumer en 2 syllabes et c’était bien comme ça. Oublieux des choses stressantes, je me satisfaisais d’un compromis qui m’aidait à me maintenir dans la vie, dans une vie normée.

    Le recul du temps a fait son œuvre et m’a montré autre chose. Le ridicule de cette situation dont j’étais la parfaite victime s’est détendu et dissipé ; le filtre en filigrane s’est estompé, le calque a craqué, jauni vieilli opacifié et devenu tout autre chose : j’ai vu ce merci en gros plan comme un gros mot. Il suffisait de ne plus le dire pour rétablir les équilibres. Et bien non ! tout se transformait alors, car un mufle naissait, pourchassait et et plongeait dans un cul de basse-fosse la bassine d’huile encore bouillante. Je jetais ce mot encore animé et refusais son influence. J’avais été leurré, je m’en rendais compte et j’étais déçu de moi et des autres. Etait –il possible à ce point de modifier les rapports humains par la seule disparition de ce petit mot ? Je voulais totalement l’éliminer et je n’y parvenais pas. Il demeurait indispensable dans certaines circonstances. Ce simple mot se changeait en graisse à traire, en miel doux ou en bouquet posé sur une pierre tombale posée sur un caveau rempli de souvenirs, ou prenait une apparence immense et écrasante comme dans un blockbuster d’épouvante, et tout cela en fonction d’autrui. Et autrui peut prendre tant de formes qu’il ne fallait pas se tromper en le déterminant et en le réduisant à l’état d’humain statufié. Statufié mais pourtant bien vivant et ne se doutant peut-être de rien. Etait-il possible à ce point de ne plus dire et ensuite sentir le vide sous mes pieds ? Je ne savais plus comment aborder une nouvelle personne car ce petit mot avait pris une importance considérable. Démesurée. Une certitude dogmatique envahissante propre à balayer l’instinct dominant des femelles alpha. J’avais peur qu’un ouragan virtuel n’ait dévasté les lieux. L’illusion de la présence de l’empathie crée par ce petit mot était remplaçable. Sans pour autant laisser la place à une sensation désabusée. La place pas trop nette d’accord, mais comme la nature a horreur du vide il serait bientôt comblé par quelque chose pas nécessairement désiré ! Il suffisait de trouver. Un autre mot ? Trop facile. Et bien sûr que non. Mais pourquoi cette première idée s’impose-t-elle ? Le premier mouvement vers l’indépendance avec la dose d’incertitude que cela engendre me fait penser à un chien de prairie qui va explorer autour de son terrier puis s’y réfugie très vite. Nous ne sommes pas des chiens de prairie, et avons su conquérir un empire de liberté. C’était le moment de fendre l’armure pour laisser sortir l’esprit vaillant de conquêtes.

    J.M Dubeaux

     


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    Partir en voyage pour agrandir son paysage

    Voguer sur les mers à en oublier les frontières

    Découvrir les richesses de la différence

    Faire tomber les barrières de nos certitudes

    Avancer, confiant, en terre inconnue

    Ouvrir son cœur à la joie

    Trouver le rayon de lune dans la nuit pleine

    L’offrir à celui qui attend l’ami

    S’inventer des mirages pour traverser les trous noirs

    Laisser jaillir l’espoir

    S’y baigner jusqu’à ressusciter

    Et… entendre la mésange chanter !

    Catherine Le Roy

     

     

    Après la soirée d'hier (jeudi 23 juin) trois petits haïkus ont fleuri dans mes pensées, je les offre. Catherine

    Ce lieu qui m'importe
    Pour me montrer le chemin
    Me prend par la main

    Ce lieu qui m'importe
    Par ses doux mots me transporte
    Vers une unité

    Ce lieu qui m'importe
    Fait tinter en moi ses notes
    Résonance du cœur

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  •            Humeur saignante

    <o:p> </o:p>

    Mademoiselle Ermeline était rouge de colère. Son chef de service venait encore de lui refuser l’augmentation qu’elle réclame depuis maintenant plusieurs années. Elle avait pourtant été patiente en laissant s’écouler quasiment 9 mois depuis sa dernière demande. Neuf mois… le temps d’une gestation… Bon, apparemment la graine d’humanité n’a pas réussi à germer dans le cœur de Môssieur ! Quand comprendrait-il, ce demeuré, qu’elle n’arrivait plus à joindre les deux bouts ? ! Elle était dans le rouge depuis plus de deux ans, et devenait réellement à cours d’arguments face à son banquier qui la harcelait régulièrement.<o:p></o:p>

    Quand pourrait-elle offrir à son fils de vraies vacances ? Un séjour qui changerait un peu des deux semaines dans la Creuse chez Papy-Mamie. Elle rêvait parfois de pouvoir partir quelques jours à la mer, histoire d’admirer un soleil couchant, tout simplement. Ou de s’offrir un restaurant gastronomique : Nage d’écrevisse sur compotée de betterave pimentée, suivie d’un rouget poché sur papeton de tomates à l’ancienne, et pour finir, un feuilleté de cerise et son coulis aux pétales de coquelicots. Huuummm… Elle en a soupé du va-et-vient pâte / pomme de terre ! Même en variant les préparations, ça reste d’un ordinaire !<o:p></o:p>

    Allez, il fallait qu’elle se ressaisisse ! Ne pas se laisser aller. Jamais. Sortir de cette sensation cramoisie. Respirer à fond. Se redresser et reprendre le cours des choses. Regagner son poste de travail tête haute, un petit coucou enjoué en passant devant le bureau vitré de Solange. Surtout faire comme si tout allait bien…<o:p></o:p>

    Et puis NON ! STOP ! Marre de faire semblant ! Marre de rentrer sa rage ! Le drapeau rouge est sorti. Mer agitée. Il allait voir Môssieur le chef de sévices, de quel bois elle se chauffe. Elle allait faire craquer sa corde de bienséance pour tirer à boulets rouges sur ce crétin. Elle le bombarderait dès demain de tomates pourries récoltées en fin de marché jusqu’à ce qu’il baigne dans un bain de coulis puant. Elle lui ferait payer son solde de tous comptes rubis sur l’ongle, puise elle le lacérerait de ses longues griffes carmin pour que le bureau de son bourreau se mute en une piscine vampirique. Non mais !

                                                                   

    Cette année pour Noël

    Je vais m’la jouer rebelle

    Obligation d’voir la famille

    Moi j’ai les nerfs qui s‘entortillent

    Marre du gigot

    Et du gavage de cadeaux

    Je fuis les conventions

    J’ai soif d’innovation

    Cuvée deux mille dix

    Noël se fait plus lisse

    J’organise une grande loterie

    Partage sans filouterie

    J’cuisine tout bon - tout simple

    Et je régale sans crainte

    Les diamants j’les veux dans les yeux

    De tous les malhuereux

    Ma monnaie préférée

    Est celle des sourires non formatés

    Ceux qui viennent tout droit du cœur

    Sans tenir compte des valeurs

    Ensemble ouvrons les perspectives

    Et qui m’aime me suive

    Sur ce radeau philantropique

    Que je brûle de rendre public

    Allez, j’me lance, l’idée fera des p’tits

    C’est mon affaire, j’en fait l’pari

     Catherine Le Roy

     


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